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Rattrapage
UNE EXÉCUTION ORDINAIRE de Marc Dugain
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dimanche
7
mars
2010
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par Frédéric Mercier
Le romancier Marc Dugain adapte avec conviction sa propre oeuvre littéraire. Un portrait saisissant des derniers mois de Staline au travers de ses rencontres avec sa magnétiseuse. Une fresque angoissante portée par de formidables comédiens qui n'a malheureusement pas trouvé son public
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INTRUSION SILENCIEUSE DANS UN CERVEAU |
Durant la Deuxième Guerre Mondiale, par exemple, les résistants cachaient à leurs proches leurs activités hautement illégales et dangereuses pour ne pas mettre en danger leurs proches. Le premier film du romancier Marc Dugain ne raconte en fait que cela: un acte de résistance silencieux, celui d'une jeune femme (Marina Hands), magnétiseuse et qui dût durant quelques mois soulager les douleurs du vieux Staline. Muette et docile, dotée d'un vrai instinct de survie, elle dût par amour se plier à la logique vicieuse du vieux tyran pour sauver son bien aimé époux (Edouard Baer): Vassili, un physicien qui ignore tout des activités nocturnes de sa femme. Il sera pourtant inquiété, non parce qu'il est au courant des problèmes urologiques de Staline, mais parce qu'il existe et partage l'appartement d'un pion au courant de secrets hauts placés.
Marc Dugain bâtit un suspens de chambres et de portes dérobées, de pièces étouffantes sous des lumières blafardes ou orangées qui, à mesure que l'étau kafkaïen se referme sur son héroïne muette, s'apparente à l'antichambre des Enfers. Système absurde, cloaque où sont exacerbées les pires passions humaines, où jaillissent les petites faiblesses pulsionnelles les plus triviales et pathétiques. Tout le petit monde de Dugain, que n'aurait pas renié un Dostoïewski avec ses logeuses indiscrètes et basses, est mis au pas sous la terreur des raisonnements paranoïaques de Staline, selon une logique aussi implacable qu'impénétrable. Desseins incernables qui, comme ceux de la Divine Providence omnipotente, tiennent l'humanité sous sa coupe de terreur et d'angoisse. A cet égard, le Palais vide de Staline, avec ses couloirs sans fins, ses multiples portes et son rythme singulier, sanguin, s'apparente à l'image du cerveau dérangé et malade du vieux didacteur sénile qui a abattu tous ses proches au fil des années.
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2. |
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Dugain, et son chef opérateur Yves Angelo, orchestrent cette intrusion silencieuse dans une cervelle ravagée. Staline qui souvent se compare à Hitler avait réussi à plier le monde à son désir. L'univers de Dugain s'apparente à la vision d'un homme étendue sur l'univers. La caméra , toujours en mouvement, met le spectateur dans une position sans cesse inconfortable: chaque mouvement accompli à l'intérieur des zooms, à l'aide de grands angles, traduisent l'instabilité permanente d'un climat général régi par la toute Puissance Providentielle Stalinienne. A tout moment, les individus, entités négligeables quand ils ne servent plus l'appareil d'Etat, peuvent être exécutés, écartés comme des données abstraites et gênantes. La mort filtre par delà les ampoules vieillies d'un monde pourri, en putréfaction, dissimulé derrière le vernis des parquets luxueux et des appartements élégants. Dire que ses acteurs se montrent à la hauteur de leurs grandioses personnages est un euphémisme: Marina Hands grandit, s'impose à mesure qu'elle cherche à se faire toute petite, la plus discrète possible pour espérer passer entre les mailles du filet d'un Léviathan qui grossit comme les cubes des Cités Obscures. Personnage grandiose qui ose affronter la monstrueuse logique en tentant de la prendre de court et qui, à chaque fois, se heurte à un nouveau raisonnement implacable. Dussolier fait évidemment froid dans le dos en Staline parcimonieux, adorant le cinéma américain, citant des gags du Didacteur de Chaplin. Dugain a filmé la lentre intrusion dans le cerveau d'un tyran et réussit une fable paranoïaque terrifiante et glaciale.
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FICHE |
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Date de sortie cinéma 3 février 2010
Réalisé par Marc Dugain Avec André Dussollier, Marina Hands, Edouard Baer,
Long-métrage français. Genre Drame Durée 1h45 min Année de production : 2009 Distributeur : StudioCanal
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