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Le film à ne pas manquer
POLICE, ADJECTIF de Corneliu Porumboiu
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mercredi
26
mai
2010
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par Frédéric Mercier
On le dit, surtout ici chaque année à Cannes, que le jeune cinéma roumain est extraordinaire. Et c'est vrai, on peut le vérifier à chaque fois. Pour preuve, cette filature absurde dans une Roumanie fantomatique où un policier taciturne passe ses journées à enquêter sur un adolescent qui simplement fume quelques joints après les cours. Accueil triomphal pour ce film aussi drôle qu'inquiétant.
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RÉALISME DE L'ABSURDE |
Un policier file un adolescent sur la route de son lycée. Pendant huit jours, il multiplie les pistes, les rapports tatillons pour rendre compte de son enquête. Ses supérieurs l'ont prié de le prendre en flagrant délit pour pouvoir lui tirer des informations au cours d'un probable interrogatoire. Le gamin peut encourir une peine entre trois et huit ans d'emprisonnement. Le policier, tout en poursuivant son enquête, est pris d'un doute moral. Son supérieur décide de lui expliquer le sens du mot "conscience".
Film social, réaliste, Police, adjectif allie les qualités du jeune cinéma roumain à une intrigue kafkaienne qui n'est pas sans évoquer aussi d'ailleurs le fameux film de Elio Petri Enquête sur un citoyen au-dessus de tout soupçon. Image pleine, habitée par la présence de protagonistes lourdauds qui errent et s'ennuient dans un commissariat où personne ne travaille vraiment et dans la ville de Vaslui grise et vide. Le héros est un type ordinaire, n'ayant que son bons sens et sa conscience pour lui. Il mène infatigablement son enquête, à la fois pour pallier à l'ennui et aussi pour s'acquitter d'une tâche qu'il prend très au sérieux. En effet, lors d'un très long plan séquence, il explique à son supérieur hiérarchique, qui sans cesse l'humilie et lui fait la leçon, qu'il croit en la Loi.
Ici, les délits s'inventent pour donner du travail à une police au service d'un pouvoir politique invisible mais omniprésent dans les tâches bureaucratiques et administratives qui occupent les quelques policiers de bureau en train de travailler. Lors d'une scène comique, le cinéaste prouve sa science du son, du cadrage et de la durée. Le flic attend que son supérieur le reçoive pour lui parler des suites de son enquête. On entend le bruit de chaque geste, des sons provenant des couloirs à l'extérieurs. A coté de lui, la secrétaire du commandant tape infatigablement sur son ordinateur tandis que, off, on entend le collègue du héros en train de commenter le titre des journaux: "La vérité"; "La pensée".
Qu'est ce qu'un pays sans policiers? Qu'est ce qu'une enquête sans pensée? Ces questions occupent littéralement le cinéaste qui les pose, par voie interposée, lors d'un échange entre le policier et son épouse à propos des paroles d'une chanson de variétés. C'est une anaphore commente sa femme, très au courant des dernières inventions grammaticales roumaines inventées par l'Académie des Lettres. Il s'agit de substituer des images par des symboles, ou alors est-ce l'inverse? Le cinéaste s'amuse à pousser la logique absurde du système policier dans ses dernières limites.
Le film ainsi trouve son point culminant lors de cet ultime long plan séquence que nous évoquions plus haut. Cours de maieutique envisagé par le capitaine pour faire accoucher ses ouailles de ce que lui seul juge bon: à savoir obéir à l'appareil d'état. Scène extraordinaire où le héros lit à haute voix toutes les occurences des définitions de "conscience", "morale", "policier". Son supérieur qui le toise, assis plus haut que lui à son bureau, prend ce qui l'arrange, réfute (comme l'état) ce qui ne l'arrange pas, à savoir l'évocation de la brutalité des états policiers. Par syllogisme, il parvient à convaincre son lieutenant, déjà occupé à remettre en place un stratagème minutieux, zélé, pour arrêter sa victime, numéro abstrait aux yeux d'un état tout puissant.
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FICHE TECHNIQUE |
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Interprètes Ioan STOICA Dragos BUCUR Irina SAULESCU
Production Pays : ROUMANIE Durée : 1 h 55 Année : 2009 Titre original : «Politist, adjectiv»
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LES COMMENTAIRES DES INTERNAUTES : |
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MAXTIME a écrit le 27 mai 2010 :
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« L'erreur a été corrigée au moins. Frédéric Mercier a été l'un des premiers, sinon le premier, a écrire et à repérer ce film le jour même de sa projection à cannes en 2009... »
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GUILLAUME a écrit le 10 novembre 2009 :
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« Le film se passe dans la région de Vaslui et non à Bucarest, il n'y a pas de reliefs montagneux à Bucarest et le "VS" des plaques minéralogiques est sans appel.... Ils sont résolument drôles ces critiques qui savent sans savoir !!!... »
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