accueil cinema-take : critiques de films
Recherche rapide :       VALIDER
edito critique de film & chroniques cinema videos exclusives podcast audio recherche avancée forum cinéma


 les autres chroniques  
L'événement
LES CHATS PERSANS de Bahman Ghobadi
dimanche
20
décembre
2009
par Frédéric Mercier
Ce fut l'ouverture tonitruante du dernier Festival de Cannes. L'actualité redouble l'urgence et l'énergie incomparable de ce film musical iranien sur le désir de liberté de la jeunesse underground de Téhéran.




A Téhéran, deux musiciens d'un groupe de rock indie cherchent à obtenir des visas et des passeports pour quitter l'Iran et jouer leur musique un peu partout dans le monde.

On dit souvent que les premiers disques de rock, s'il ne sont pas forcément les meilleurs de leurs auteurs, sont souvent les plus énergiques et les plus inventifs. Ils détiennent une puissance féroce, contenant toutes les revendications de leurs musiciens, l'expression de leur envie de changer le monde. Ils signent la jeunesse, comme énergie contestataire, pressée de changer la donne.

Les héros de ce nouveau film de l'auteur de Un temps pour l'ivresse des chevaux(2000) raconte comment de jeunes gens à Téhéran cherchent, grâce à la musique, à échapper à un système religieux délirant et répressif. Leur musique contient leur désir de vivre libres et de s'exprimer sans avoir à se cacher. Ces musiciens indépendants sont littéralement des artistes underground, se réfugiant pour pouvoir jouer, dans des lieux non exposés: caves, fermes de campagne, sous-sols clandestins. En Iran, la musique (guéna) est considérée comme impure puisqu'elle provoque gaieté et joie. Ecouter une femme chanter s'apparenterait même à un péché. Quant à la musique occidentale, elle est totalement prohibée. Les jeunes héros de ce film jouent tous l'épisode de leur propre vie clandestine, de concerts à l'ombre, à l'ombre des prisons.

Toutes les formes de la musique occidentale sont presque représentées au cours de leur itinéraire pour trouver les membres de leur futur formation: rock, pop, trip pop, rap, heavy metal, blues.... A chaque rencontre, on peut entendre un morceau interprété par ces jeunes iraniens sur fond d'un melting pop d'images saccadées du Téhéran actuel. Ville de miséreux arpentées par de grandes routes, immeubles en construction et HLM cachant les montagnes au loin. Les deux héros musiciens sont conduits sur le chemin de la liberté, hors d' Iran, par un optimiste infatigable, à la logorrhée véloce, tchatcheur en diable, qui s'improvise manager et apporte une touche bienvenue de burlesque à ce portrait macabre d'une société sclérosée qui endort sa propre jeunesse.

Film d'un état d'urgence donc, soutenu par l'énergie de ses formidables musiciens qui tentent de réaliser leurs rêves et simplement de s'exprimer. Les chats persans a été réalisé lorsque le cinéaste, lui-même musicien, découvrit aussi par hasard cette jeunesse peu connue et bien entendu jamais représentée à l'écran. Déjà censuré dans son propre pays, détesté des autorités, le cinéaste a dû tourner dans des conditions malheureuses ce portrait réaliste de la jeunesse de la capitale iranienne. Dix sept jours à filmer sur des scooters de jeunes gens considérés comme des voyous, sans cesse menacés de coups de fouets et autres amendes. Bahman Ghobadi sait déjà par avance que son film ne sera jamais distribué en Iran. Avec un peu de chance, il réussira peut être à le faire voir, par voie de marché noire où les jeunes peuvent s'échanger des copies de films interdits et occidentaux. Qu'à cela ne tienne, en racontant la vie de ses doux rêveurs de héros musiciens, en montrant l'énergie (sans la violence) qui les habite, il prouve à quel point il lui fut difficile de réussir à montrer au monde cet Iran de la liberté, ouvert au monde.
 



LES COMMENTAIRES DES INTERNAUTES :

CLAIRECVL   a écrit le 18 janvier 2010 :
« Les chats persans, De l'intérêt du cinéma.... Ce film nous rappelle que le cinéma sert à quelque chose d'autrement plus important et essentiel que la plupart des films que l'on peut voir.... Versus un flot d'images continues, dont on ne sait plus si elles portent du sens, ce film est le preuve que montrer est un acte. Il fallait que je regarde les images des gens et de la ville, parce que ces images avaient dû se frayer un chemin pour sortir du pays. Les images du film étaient donc rares mais surtout dénonciatrices, en soi. Peu importe vraiment ce qu'elles montraient. Montrer est dénoncer. »
AJOUTEZ VOTRE COMMENTAIRE
  RETROUVEZ ÉGALEMENT NOS AUTRES CHRONIQUES :
LE PALMARÈS DÉFINITIF 2009  (28/12/09)
LES LISTES DES DIX FILMS DE L'AN 2000  (10/01/10)
LE DRÔLE NOËL DE SCROOGE de Robert Zemeckis ESTHER de Jaume Collet-Serra  (05/01/10)
SORTIES RÉCENTES  (14/12/09)
PRECIOUS de Lee Daniels  (03/03/10)
 
 les autres chroniques  
cinema-take partenaire de TCM
Cinema-take est partenaire de la chaine de cinéma TCM
éditorial | chroniques et critiques de films | vidéos exclusives | podcast audio | forum cinéma | recherche avancée
© 2008 Cinema-take.com : critiques de films de cinéma et DVD | nos partenaires | nous contacter
critique de film de cinéma et DVD