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Films de fête
LE DRÔLE NOËL DE SCROOGE de Robert Zemeckis ESTHER de Jaume Collet-Serra
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mardi
5
janvier
2010
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par Frédéric Mercier
Si vous n'aimez pas la critique, passez votre chemin. Ces deux films pour les fêtes sont aussi décevants que l'on pouvait s'y attendre tout en espérant. Zemeckis, jadis si inventif et capable de mettre en image des fantasmes de gamins, se perd dans une croûte néo classique vraiment très laide. Quand à Esther, il ressuscite sans aucune invention le thriller nauséabond où l'étranger qui s'immisce dans le foyer est vraiment très très méchant.
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LE DRÔLE DE NOËL DE SCROOGE DE ROBERT ZEMECKIS |
L'histoire de Scrooge, un vieil avare acariâtre qui va devoir affronter ses démons, est l'un des contes de Noël les plus populaires dans les pays anglo saxons. Après Le pôle express et Beowulf, Robert Zemeckis a décidé de redonner une nouvelle vie à ce best seller signé Chales Dickens grâce à sa fameuse technique de captures des mouvements.
Dans ses deux précédents faux films d'animation, Zemeckis montrait encore tout son brio à composer des scènes ingénieuses pour donner corps à de vieux fantasmes. Dans Le pôle express, un bout de papier s'envolait, parcourait des kilomètres et venait se perdre dans la forêt nocturne que longeait un train. Le cinéaste filmait cet à coté, ce lieu étrange que tous les voyageurs regardent à l'extérieur et qui semble à la fois familier et lointain. Dans Beowulf, il quittait la joyeuse fête viking pour venir se perdre dans l'antre ténébreux d'un monstre. Le réalisateur de Roger Rabbit n'avait pas son pareil pour filmer l'ailleurs, l'élément proche et lointain à la fois. On se souvient par exemple de Tom Hank dans Seul au monde qui se retrouve nez à gueule avec une gigantesque baleine. Toujours fasciné par les plans séquences hallucinants, il utilisait sa merveilleuse invention technologique pour rapprocher les décors, suivre les mouvements de ses personnages de l'un à l'autre et abolir la frontière entre le cinéma et la vie, le dessin animé et le film, le réel et le rêve.
Malgré un plan séquence d'ouverture proprement hallucinant, et dans lequel Zemeckis réussit à prouver qu'il peut être un vrai metteur en scène bourré d'idées, le reste ne suit pas. La technologie enlève toute étrangeté à ce conte, aplatit chaque scène. Très vite, on s'ennuie devant ce monument classique traité avec déférence: Zemeckis a conservé les dialogues ampoulés du XIXème siècle. Au hasard d'une séquence, on mesure l'abîme entre le cinéaste qu'il fut et celui qu'il est devenu: propulsé sur une fusée qui contient ses souvenirs, Scrooge s'envole vers le ciel. Cut. Il passe devant une lune plus grande que nature. Plan inutile, cliché mille fois attendu, qui traduit un manque d'inspiration totale ou alors un certain cynisme qui ferait passer aujourd'hui son auteur pour une sorte de Scrooge des temps modernes.
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ESTHER DE JAUME COLLET-SERRA |
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Après une fausse couche, un couple décide d'adopter une adorable fillette de neuf ans d'origine russe. La gamine se montre excessivement sage et douée. Mais peu après son arrivée au foyer, quelques événement étranges ébranlent toute la famille.
Il y a une tradition du thriller qui regarde d'un mauvais oeil l'irruption de l'étranger dans le cocon familial. Et Esther peut égaler en cruauté par exemple la nounou de La Main sur le berceau, un vrai démon blond interprété jadis par Rebecca de Mornay et qui finissait par allaiter le bébé à l'insu de sa propre mère.
Esther, tel un mogwaï dans les Gremlins, est une petite fille russe absolument délicieuse. Elle range et plie son linge, désire apprendre le piano, s'habille avec une coquetterie extrême. Elle est un modèle de fille idéale pour catalogue familial, une vraie vitrine publicitaire. Mais bien entendu, le fait que cet enfant soit conforme en tout point avec une imagerie pré fabriquée la révèle immédiatement étrange aussi qu'étrangère, saugrenue qu'antipathique. Sa mère d'adoption la réprouve presque automatiquement tant l'enfant n'a aucunement besoin de ses services. Ses frères et soeurs la détestent autant qu'ils la craignent. "Il faut savoir aimer la différence" prône Esther comme pour justifier le comportement de ses semblables qui la jalousent et regardent ses innombrables qualités d'un mauvais oeil.
Sur ce canevas ultra classique du mauvais étranger, de l'irruption de l'autre dans le familier, le réalisateur de La Maison de cire s'en suit à un script convenu où chaque élément ouvre une porte qu'Esther va vite refermer pour garder la tête haute jusqu'à la révélation du terrible secret final. Si le film commence sur les chapeaux de roue avec une stressante scène de rêve glaçante et monstrueuse, pour le reste, il s'en tient à respecter tous les codes de ce type de production sans jamais réellement briller par des détails saugrenus.
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