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Sortie
GAINSBOURG-(VIE HÉROÏQUE) de Joann Sfar
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mercredi
20
janvier
2010
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par Frédéric Mercier
Malgré un bon début, le film s'étiole et finit par déverser sa petite rengaine. Quand Sfar a le champs libre pour laisser fleurir son imagination, il réussit un portrait personnel et singulier. Quand il désire coller aux vignettes et aux figures attendues, le dessinateur du Chat du rabbin abandonne toute prétention et nous ennuie.
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L'ENFANT ET LES DÉMONS |
On a attendu, on a vu et on est plutôt déçu. Non que nous pensions enfin voir le biopic de l'année mais on espérait beaucoup de cette biographie réalisée par le dessinateur Joann Sfar. On attendait au moins beaucoup mieux et plus qu'un biopic de plus avec sa rengaine habituelle, son parcours psychologique sillonné d'avance où chaque moment d'éclat du grand poète trouve sa conclusion dans une chanson. Il faut aussi dire que rarement nous avions été autant matraqués que ces dernières semaines faisant un peu de ce Gainsbourg tellement franchouillard, notre Avatar hexagonal. Pour ne pas passer seulement pour un pisse-froid, reconnaissons à l'auteur d'avoir su garder son point de vue sur le chanteur et rendu crédible le passage, la métamorphose de Lucien Ginsburg en Gainsbard au tournant des années 80. En fait quand Sfar peut traiter son "conte", il nous intéresse mais dès lors qu'il doit en passer par des moments obligés, connus de tous, il n'y parvient pas et semble abandonner.
Sfar s'intéresse ainsi énormément à l'enfant juif isolé à Paris pendant la guerre. Autour de ce personnage, il bâtit ainsi les plus belles scènes du film, les moments les plus étranges et les plus émouvants qui ont lieu durant la première demie heure. Sfar filme l'enfance au travers d'un gamin singulier, précoce, déjà poète, beaucoup plus mature que son âge. Etait-il ou non comme cela au fond importe peu puisque la création du cinéaste s'avère à la fois crédible, sensée, inspirée: un poète existe déjà, le séducteur est déjà en gestation. Le monde du dessinateur s'accorde ainsi parfaitement avec les fantasmes enfantins: Lucien craint que tout le monde remarque qu'il est juif. Il prend ses devants, est le premier à porter l'étoile jaune, se promène avec l'énorme tête de juif qui le suit partout comme, plus tard, avec son monstre personnel, son surmoi, son génie maléfique. Au cours d'une veillée nocturne, il raconte à ses frères et soeurs l'histoire qu'il vient de peindre: celle d'un homme à qui l'on demande de disparaître et qui au fur et à mesure décide de grossir sa tête jusqu'à ce qu'elle explose. Derrière les trois enfants penchés sur les jolies aquarelles, qui rappellent le travail du réalisateur, le démon de Gainsbourg apparait telle une araignée qui ne le quittera plus. Séquence onirique, pleine d'inquiétante étrangeté où l'on se remémore des moments semblables en terme de bien être et de malaise dans Fanny et Alexandre de Bergman.
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PLUS LE FILM PROGRESSE, PLUS IL S'ENLISE |
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La deuxième partie tient encore la route de la réussite quand Sfar peut encore apposer son propre point de vue et brosser le portrait d'un peintre raté qui va vendre son âme au Diable. Dans cette partie, Sfar nous conte une légende qui se rapproche du Portrait de Gogol, voire une adaptation moderne d'un Nez devenu bien aquilin. Le gamin à qui son père répétait que la chanson c'était de la merde choisit de s'y essayer après avoir déchiré ses toiles. Parcours initiatique où le poète peut tester son charme sur la gente féminine et se lier d'amitié avec Boris Vian jusqu'à venir pousser la javanaise auprès de Juliette Greco campée avec mystère par Anna Mouglalis. Grisé par la réussite, il choisit de s'abandonner entièrement à son démon en se faisant le parolier des yéyés au cours d'une scène où il déniaise la juvénile France Gall, qui en prend pour l'occasion sérieusement pour son grade.
Et puis le film bascule, enchaînant les vignettes avec sa petite rengaine. Passé l'épisode Brigitte Bardot, il rencontre Jane Birkin et s'enlise peu à peu vers Gainsbar. Au passage, il aura mis au pas les paras avec sa version de La Marseillaise< et composé ses plus beaux disques. La dernière heure est donc très longue, on a souvent l'impression que Sfar abandonne toute velléité artistique au profit d'un cinéma plan plan où ne brillent plus que les chansons et la musique. Tout devient dès lors ultra signifiant et laborieux comme l'explication de la métaphore de l'homme à tête de choux. Ainsi le film est de plus en plus déceptif (c'est le mot à la mode), s'affaiblissant à mesure que Gainsbourg s'étiole sur lui-même. Les points de vue sur l'enfant de la guerre et le peintre raté s'éloignent pour sacrifier aux exigences musicales et de vignettes stéréotypées d'un tel type de production. Ne blâmons donc peut être pas le cinéaste qui avait su parfois nous emporter mais plutôt une certaine économie française qui ne lui aura pas permis jusqu'au bout d'apposer son trait de crayon ni de faire de ce film une oeuvre aussi belle, personnelle et poétique que la musique de son héros. Reconnaissons enfin à Eric Elmosnino d'être absolument crédible, souvent élégant, émouvant et de tirer son épingle du jeu sans ostentation ni mimétisme lourdingue.
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BANDE ANNONCE ET FICHE |
Date de sortie cinéma : 20 janvier 2010
Réalisé par Joann Sfar Avec Eric Elmosnino, Lucy Gordon, Laetitia Casta
Long-métrage français. Genre : Biopic, Musical Durée : 2h10 min Année de production : 2009 Distributeur : Universal Pictures International France
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LES COMMENTAIRES DES INTERNAUTES : |
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PATIENT DE LOULOU a écrit le 23 janvier 2010 :
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« cela fait longtemps que je ne me suis pas autant ennuyé dans un film...J'attendais du souffle ,de l'épique voire de la provoc' à la hauteur du personnage et je n'ai vu que l'epaisseur d'une feuille de papier de bande déssinée.... Le film a été promu sur les imitations de gréco ,galle, bardot,birkin...bof merci les médias.Quant à Elmosnino si il a réussi à capter les gestes démarches et mimiques de Gainsbourg ,ses coleres et coups de gueule sont du niveau d'une troupe de théatre amateur.... Bardot /Casta chante boum crac whizz .. que sfar retourne à ses bandes dessinées. »
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